Mercredi 19 septembre 2018
Etape du jour : AGADIR - TARFAYA / CAP JUBY
 
Images du jour
 
 
Thierry SENTOUS
 
Agadir. Il fait très chaud sur le tarmac pourtant tout le monde est enthousiaste à l'idée de se retrouver dans quelques heures sur le terrain mythique de Cap Juby.

L'étape du jour, 250NM au dessus des étendues désertiques du sud Marocain. C'est ici que les choses sérieuses commencent , le paysage et l'ambiance saharienne gagnent peu à peu. Cette lente descente vers le grand sud est une initiation à l'esprit de la ligne pour ceux qui participent pour la première fois, un retour vers une aventure fascinante pour les plus anciens.

La route côtière ne se fera pas cette année dans la claire lumière du désert mais par un temps gris et très brumeux. Les entrées maritime sont au rendez vous et le trait de côte est masqué sur la moitié du vol par les nuages bas. La visibilité est capricieuse et il faut rester très vigilant.

Cette année les alizés ont décidé de souffler ailleurs et c'est un vent contraire qui ralentira un peu la progression des 30 appareils vers l'escale historique.

Il est 16h30 tous les avions se sont posé.... impeccables. Il passeront la nuit sagement alignés sous les étoiles à deux pas du bivouac.

Les équipages retrouvent avec émotion cette piste qui n'ouvre qu'une fois par an pour le Rallye aérien avant de s'installer dans le luxueux bivouac pour une nuit magique.

Au programme: films et conférences historiques,discours d'accueil du gouverneur de la province ,dîner Marocain traditionnel, et veillée au feu de camp accompagnée par les histoires des pionniers à cap Juby racontées par JC Nivet.
   
   
   
   
 
   
  LÉON ANTOINE
 
Né à Calais le 25 janvier 1902, Léon Antoine s’engage dans l’Aviation militaire en 1921. Il est breveté pilote le 3 mars 1926 et intègre les L.A.L. en mars 1926 comme pilote le 8 mars suivant, soit quelques jours après L’obtention de son brevet.
Léon Antoine vole sur toute la ligne, de Toulouse à Dakar. Le 12 avril 1927, le mauvais temps le force à un atterrissage de fortune à Roquetas de Mar, entre Tanger et Malaga. Antoine participe à de nombreux dépannages dans le Rio de Oro, et notamment du célèbre équipage uruguayen en route pour l’Atlantique Sud. Il est affecté en Amérique du Sud en 1932.
ATTENTION A LA METEO …
Charles Bultel se souvient : « En 1931, nous attendions à Casablanca un Laté 26-2 équipé de radio, destiné à la ligne Casablanca-Dakar. L’appareil, absolument neuf, sortait de l’usine Latécoère de Montaudran. Son pilote Léon Antoine avait quitté Toulouse au petit matin par très beau temps. Daurat, par raison d’économie et s’agissant d’un convoyage, n’avait pas jugé nécessaire de lui adjoindre un opérateur radionavigant. Daurat connaît bien Antoine, un excellent pilote qui avait fait ses preuves et connaissait les moindres détails du parcours. Tout se passa bien jusqu’à Tanger, où son passage avait été signalé. Au Camps Cazes, le chef d’escale Pierre Julien scrutait l’horizon car l’appareil aurait déjà dû se poser. Ce fut bientôt l’inquiétude, puis le téléphone sonna. Le secrétaire Ladislas Benas appela :
Monsieur Julien, c’est pour vous !
   
 
   
 

ATTENTION A LA METEO …

Charles Bultel se souvient : « En 1931, nous attendions à Casablanca un Laté 26-2 équipé de radio, destiné à la ligne Casablanca-Dakar. L’appareil, absolument neuf, sortait de l’usine Latécoère de Montaudran. Son pilote Léon Antoine avait quitté Toulouse au petit matin par très beau temps. Daurat, par raison d’économie et s’agissant d’un convoyage, n’avait pas jugé nécessaire de lui adjoindre un opérateur radionavigant. Daurat connaît bien Antoine, un excellent pilote qui avait fait ses preuves et connaissait les moindres détails du parcours. Tout se passa bien jusqu’à Tanger, où son passage avait été signalé. Au Camps Cazes, le chef d’escale Pierre Julien scrutait l’horizon car l’appareil aurait déjà dû se poser. Ce fut bientôt l’inquiétude, puis le téléphone sonna. Le secrétaire Ladislas Benas appela :

Monsieur Julien, c’est pour vous !

Près de lui, nous attendions le verdict, nous entendîmes :
- Est-ce qu’il a des chaussettes rouges ? Nous envoyons une ambulance. Nous arrivons.

Et, s’adressant à nous :
Antoine s’est écrasé à S’Kirat, c’est la gendarmerie qui vient de me prévenir. Des fermiers l’ont recueilli, il y a une brume épaisse sur toute la région, il est vivant !

 
 
  Résumé de la journée du 19 septembre 2018 - Réalisation Les Ailes du Désert ©tefamproduction
  Consulter le journal du 19 septembre de l'équipage 01
 
   
 
   
Mardi 18 septembre 2018
Etape du jour : CASABLANCA - AGADIR
 
Survol de la côte et vol en patrouille.
 
 
   
 
Thierry SENTOUS
 
L’étape Casablanca Agadir s’est déroulée sans difficultés particulières si ce n’est la chaleur plus forte que les années précédentes.

L’ensemble des avions a quitté le charmant terrain de Casablanca Tit Mellil en fin de matinée. Une météo clémente accompagnait le Rallye jusqu’a destination.

Les appareils ont longé la côte en profitant des magnifiques paysages de la lagune de Walidia puis des spectaculaires reliefs du cap Ghir plongeant dans l’Ocean avant l’arri A Agadir sur l’aeroport d’Al Massira les 30 avions ont été reçu par l’Aeroclub royal d’Agadir qui comme le veut la tradition Marocaine a fait servir thé à la menthe et pâtisseries.

Demain un avion de l’aéroclub se joindra au Rallye qui poursuivra sa route vers Cap Juby pour une grande soirée de fête au milieu du désert.
   
 
  Agadir - Conférence de Claude Lelaie sur les essais en vol de l’A380
   
 
   
  GEORGES PIVOT ET MARCEL REINE
LA FÊTE COMME ANTIDOTE…
 
Didier Daurat tape du poing sur la table. Il en va de la respectabilité de la Ligne. Dans une note qu’il adresse au chef d’aéroplace de Casablanca, Pierre Julien, il demande à ce celui-ci plus de vigilance sur ses personnels navigants. La vie à Casablanca est agréable pour ces jeunes pilotes exposés à tous les risques. Daurat exige des changements rapides. Comme il l’écrit, Marcel Reine et Georges Pivot se sont rendus coupables de fantaisies en vol et d’excentricités nocturnes portant « grand tord à l’aviation et à notre entreprise ». Toutes les mesures seront prises si nécessaires si ces deux pilotes sont encore surpris à cavaler dans les rues de Casablanca avec « deux amazones dont nous évitons de vous entretenir », à l’heure où se réveille l’honnête travailleur…
   
 
   
 

Tout se sait sur la Ligne. Reprenant sa célèbre expression coutumière, Marcel Reine s’exclame : « Ah les vaches ! »

Mais comment ne pas faire la fête quand les lendemains sont incertains. La fête comme antidote…
Un autre jour, ce sera la panne dans le désert, la prise d’otage et peut-être pire. Qui sait ?

Maroc, 26 décembre 1925
Marcel Reine est sain et sauf. Il a pourtant vu la mort de près. En effet, le 21 décembre, il a dû se poser en plein désert, une heure et demie après avoir quitté Agadir en direction de Dakar suite à une panne de moteur. Lui et son interprète chleuh se sont trouvés alors aussitôt pris à partie par des Maures armés jusqu’aux dents et manifestement décidés à régler leur compte.

Les gens du désert n’aiment pas que l’on offense le Seigneur en violant son ciel…

Le comte Henry de La Vaulx, pilote et cofondateur de l’Aéro-club de France, a eu l’occasion de voyager sur un avion des Lignes aériennes Latécoère à la fin de l’année 1925.
Volant de conserve avec Georges Pivot, il est témoin de la prise d’otage de Marcel Reine.

Il nous livre son témoignage :
« […] Les jeunes pilotes qui opèrent entre Casablanca et Dakar accomplissent leur mission avec une modestie qui fait l’admiration de tous. Totalement inconnus du grand public, ils effectuent chaque semaine des « raids » dont un seul réalisé sur la terre d’Europe leur vaudrait des lauriers justement mérités. Ils sont au nombre de dix et leur mérite est égal ; ils se nomment : Doerflinger, Dubourdieu, Érable, Gourp, Lassalle, Lécrivain, Pivot, Reine, Rozès, Ville. Il nous faut associer dans notre reconnaissance leurs collaborateurs directs, les chefs des aéroports et les mécaniciens du cap Juby, de Villa-Cisneros, de Port-Étienne, qui, loin de toute civilisation, assurent le passage et, en cas de besoin, le dépannage des avions de la Ligne avec un dévouement continu et malgré les privations de tous les instants qu’ils doivent subir dans des contrées où la moindre végétation est inconnue et où l’eau douce arrive par bateau des îles Canaries ou de Bordeaux. On a encore présent à la mémoire l’émouvant sauvetage aérien opéré par Deley, Collet et Sirven aux abords du cap Barbas, où de malheureux naufragés allaient être capturés par des tribus maures […]

[…] C’est ainsi que nous quittons Agadir le 21 décembre 1925 ; je suis piloté par Pivot et nous emmenons la poste. Reine conduit le deuxième avion emportant un indigène et mes bagages. Tout d’abord, tout va bien ; nous naviguons côte à côte quand, à environ 150 kilomètres au sud d’Agadir, l’avion de Reine se met en descente et atterrit sur un plateau le long de La côte. Aux mouvements désordonnés de l’avion à son contact avec le sol, nous comprenons que le train d’atterrissage est brisé ; nous voyons heureusement Reine sauter indemne de la carlingue et nous attendons pendant trois quarts d’heure, en survolant le plateau, que notre camarade nous fasse un signal convenu nous indiquant un terrain pour nous poser. Hélas ! Le signal ne vient pas et Reine a disparu à nos yeux. Aussi, la mort dans l’âme, fidèles à la consigne, nous regagnons Agadir pour prévenir les autorités et équiper un nouvel avion.

Quand, trois heures après, nous survolons à nouveau à quelque 25 mètres de hauteur le lieu de l’atterrissage, nous constatons que le Breguet est complètement détruit ; des indigènes s’en partagent les morceaux et Reine est toujours invisible. Nous n’avons plus qu’à gagner le cap Juby où nous rencontrons Lécrivain et Lassalle qui arrivent de Villa Cisneros.

Ah ! Quelle triste soirée nous passons à Juby et quelle force de caractère il faut pendant quelques jours à tous les pilotes de la Ligne pour ne pas se laisser aller au découragement !
Mais, à Agadir, notre service de renseignements veille. À la nouvelle de la capture du pauvre Reine, le capitaine Roussel qui a son poste à Tiznit, dans l’extrême Sud marocain, part aussitôt. Avec une intelligence et une compréhension remarquable des tribus au milieu desquelles il doit opérer, il arrive, par infiltrations successives, à arracher aux Sbouia — la plus hostile des tribus dissidentes — leur prisonnier qui a déjà été vendu deux fois depuis sa capture. En 6 jours Reine regagne Tiznit, presque acclamé sur son parcours par ces mêmes tribus qui, quelques jours auparavant, m’a-t-il confié, voulaient le mettre à mort.
La crânerie de notre pilote à l’heure du danger, la fidélité de son interprète et l’habileté du capitaine Roussel ont au moins momentanément gagné un répit auprès des tribus rétives à la cause de l’aviation française.
Quelque temps après, c’est le chef-même de l’une de ces tribus, un vieillard d’influence notoire, qui monte à Agadir, prend place dans l’un des avions de la Ligne et va rendre visite à Saint-Louis au gouverneur de la Mauritanie, le colonel Gaden, affirmant ainsi sa confiance dans les ailes françaises.

Le cauchemar qui hante nos pilotes commence à se dissiper et, à mon retour, c’est presque avec humour et gaîté que ces braves et gais compagnons envisagent un atterrissage éventuel en zone insoumise…
J’ai, dans cette affaire, perdu mes bagages et mes appareils photographiques, et c’est ce qui me prive du plaisir que j’aurais eu à illustrer moi-même cet article… »

   
 
  Résumé de la journée du 18 septembre 2018 - Réalisation Les Ailes du Désert ©tefamproduction
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Lundi 17 septembre 2018  
  Etape du jour : MALAGA - TANGER - CASABLANCA  
     
 
 
Thierry SENTOUS
 
Les 30 avions du Rallye Toulouse St Louis sont arrivés sur le continent Africain.

L’etape Malaga /Casablanca a conduit le Rallye de l’Espagne au Maroc malgré une météo difficile jusqu’au détroit de Gibraltar. Ce matin des pluies et des brumes on retenu les appareils sur l’aérodrome de Malaga jusqu’au milieu de la journée. L’avion de tête parti en reconnaissance jusqu’a La destination initiale de Tétouan informait dès son arrivée dès faibles visibilités et des pluies obligeant à reporter les décollages puis à se retourner vers Tanger. Après le passage du célèbre rocher dans un temps bouché et un fort vent d’Est c’est heureusement un grand soleil qui attendait la caravane à peine quelques kms plus loin pour l’arrivee à Tanger.

Une fois les formalités d’arrivee Au Maroc accomplies c’est une véritable course contre la montre qui c’est engagée pour réussir à amener tout le monde à Casablanca avant la nuit. A peine 200 nautiques à parcourir mais l’obligation de faire partir le dernier avion avant 18h locale pour arriver dans les délais.

Le dernier avion s’est finalement posé quelques minutes avant l’enduit aéronautique un extremis sur l’aerodrome De Casa Tit Melil.

Ce soir tous les pilotes profiterons d’un bon tajine à la Brasserie du Petit Poucet ou autrefois les pionniers de la ligne dînaient souvent et notamment un certain St Ex. Frédéric Coconier auteur du livre sur St Exupery au Maroc y présentera et dédicacera son ouvrage aux passionnés de l’histoire de l’Aeropostale.
 
     
     
 
       
   
LOUIS CAVAILLÈS

Louis Cavaillès est né à Castelnau de Brassac le 23 mars 1901. Petit apprenti aux usines Latécoère, sans qualification précise puis il effectue son Service Militaire du 8 avril 1921 au 15 mai 1923 comme mécanicien. C’est à ce poste qu’il est embauché, le 22 mai 1923,
à la Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques, la C.G.E.A., en un mot : les L.A.L. : Lignes Aériennes Latécoère.

Louis Cavaillès, début 1924, est affecté à l’escale de Barcelone, sous les ordres de Raymond Vanier. Il est de retour à Toulouse en 1925 en tant que chef mécanicien.

Après une affectation à Madrid, où il rencontre le pilote Elisée Negrin, lors de l’inauguration de la ligne Biarritz-Madrid en 1929, Louis Cavaillès , en 1930, est nommé chef mécanicien à Marignane, responsable de la mise au point mécanique du Laté 28 F-AJNQ de la première traversée de l’Atlantique Sud. Pour l’entretien de cette machine au Brésil, il traverse l’Atlantique pour la première fois, à bord d’un Aviso de l’Aéropostale.

De retour en France, Louis Cavaillès est muté à Biscarosse où il s’occupe de la mise au point des nouveaux hydravions Latécoère. En 1932, il est nommé chef mécanicien à Alicante.

Puis, en 1934, Louis Cavaillès est de retour sur l’Atlantique Sud avec l’équipe de l’ingénieur et constructeur René Couzinet et de Jean Mermoz.

Et encore, ceci n’est un court résumé de sa longue carrière …

       
 
  IMAGES DU JOUR  
   
     
   
  Décollage de Malaga  
     
   
  Résumé de la journée du 17 septembre 2018 - Réalisation Les Ailes du Désert ©tefamproduction  
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