Dimanche 23 septembre 2018
Etape du jour : SAINT-LOUIS - NOUADHIBOU - DAKHLA
 
Images du 23 septembre 2018
 
 
Thierry SENTOUS
 
Le temps est très menaçant au départ de St Louis du Sénégal. La météo annoncé des le matin des orages au Sud de la ville et les avions du Rallye se hâte de décoller vers le nord pour échapper aux intempéries qui remontent.
St Louis objectif de la première semaine du voyage est aussi la journée de repos de ce long périple dans les pas des pionniers.

À l'hôtel de la poste ou logeaient déjà leur glorieux prédécesseurs les pilotes ont retrouvé cette ambiance si particulière. Mélange de nostalgie coloniale et d'évocation des années de la Ligne. A l'initiative de l'association mémoire d'Aeropostale représentée par Jean Claude Nivet et Pierre Michel Pranville deux chambres dédiées à deux pionniers ont été inaugurées en présence de représentant des deux familles.

Le célèbre hôtel aura en plus de la chambre Mermoz les chambres Henri Rozès et Élysé Negrin. Une Quinzaine de cadres présentant de très belles photos d'époque, des reproductions de documents comme leurs carnets de vol ou leur licences de pilote décorent désormais les deux chambres. Deux autres chambres suivront l'an prochain.

Après ces événements festifs le Rallye à donc quitté les bords du fleuve Sénégal pour Dakhla ex villa Cisneros. À l'escale de Nouadhibou 4h de travail acharné du mécano du Rallye ont été nécessaire pour réparer l'avion d'organisation FBRPS abandonné la veille pour casse Mécanique.

Ismael Exposito le mécanicien à comme d'habitude réalisé des prouesses avec l'aide du consul de France honoraire et des militaires Espagnols de la Guardua Civil en poste à Nouadhibou. C'est un peut de l'esprit de la ligne qui a soufflé sur le Rallye Pendant des heures tous se sont mobilisés. Apportant leurs outils et leurs matériels divers , remorquant avec un 4/4 et accueillant l'avion sous le seul hangar du détachement hélicoptère de la garde civile qu'il faut ici saluer.

L'avion réparé in extrémis a pu finalement repartir juste à temps pour rejoindre l'arrivée d'étape du jour à Dakhla.

   
   
 
 
 
Saint Louis du Sénégal, Dakar, c’est très bien, mais et après ?

L’Atlantique Sud. Coste et Le Brix l’ont bien traversé en octobre 1927, mais c’était un raid. Maintenant il faut mettre en place l’exploitation régulière d’une ligne postale. De quels moyens disposent Pierre Georges Latécoère et son successeur Marcel Bouilloux-Lafont pour traverser l’océan ?

Le problème, c’est les contrats passés avec l’Argentine : le courrier Europe - Buenos Aires doit mettre 7 jours et cette durée doit être réduite à 4,5 jours dans les 4 ans à venir. Pour réduire le temps et l’espace entre les deux continents, l’Aéropostale semble disposer de trois atouts : 2 archipels, des hydravions et des navires.
 
« l’hydravion CAMS 51 au mouillage devant l’hydrobase de Calheta São Martinho au Cap-Vert. » (photo P. Picard)
 
Les archipels : le Cap-Vert est à 600 kilomètres du Sénégal et l’île brésilienne de Fernando de Noronha est à 330 kilomètres de Natal. Une liaison par hydravion entre les îles et leurs continents respectifs ferait gagner presque 1000 kilomètres de parcours maritime réduisant de 2 jours l’acheminement du courrier Toulouse – Argentine. Une hydrobase est construite à Praia sur l’île de Santiago. Si vous vous rendez au Cap-Vert, vous pouvez la visiter ; les installations sont toujours debout. C’est un site très émouvant. A Noronha, il n’y aura pas d’hydrobase mais une station radio et météorologique.

Les hydravions. Les Latécoère prévus pour voler entre Saint Louis et le Cap-Vert ne sont pas prêts. L’Aéropostale acquiert auprès de la Marine nationale 2 hydravions CAMS 51 peu fiables qui ne réaliseront que 4 traversées entre le Sénégal et le Cap-Vert.

Les avisos. Il reste les bateaux. Pierre Georges Latécoère va louer à la Marine Nationale 6 avisos rapides, d’anciens chasseurs de sous-marin, pour transporter en 4 jours le courrier entre Dakar et Natal.

Ces bateaux vont se révéler peu marins et peu résistants et seront remplacés par des vedettes plus performantes. Avisos puis vedettes assureront le chainon aérien manquant de 1928 jusqu’en 1936 !
 
 
 
Résumé de la journée du 23 septembre 2018 - Réalisation Les Ailes du Désert ©tefamproduction
 
Consulter le journal du 23 septembre de l'équipage 01
 
   
 
Samedi 22 septembre 2018
Etape du jour : SAINT-LOUIS - journée de détente
 
Images du 22 septembre 2018
 
Céline LAJOUX
 
Après une bonne nuit de sommeil sans la pression du réveil et un petit déjeuner dans la salle de l’Hôtel de la Poste, où les références à la Ligne sont omniprésentes, nos aviateurs accomplis ont pu profiter d’une journée libre dans la ville de St Louis du Sénégal. Au programme selon les équipages :

- Participation aux traditionnels baptêmes de l'air que le Rallye organise pour les petits Saint-Louisiens depuis maintenant 6 ans. Cette année, 65 élèves de plusieurs écoles ont découvert leur ville et l'impressionnant fleuve Sénégal depuis le ciel. L'appréhension a rapidement laissé place au sourire et à l'émerveillement sur les visages de ces jeunes âgés de 5 à 12 ans.
- Visite d’un dispensaire du quartier Nord avec rencontre des élus locaux et remise de colis de médicaments.
- Visite de l'école de Sanar Wolof jumelée avec l'école Mirabeau de Tournefeuille (échange de courriers et de livres confectionnés par les élèves)
- Entretien des relations internationales intra-groupe (Eiffage et Eiffage Sénégal)
- Tour de ville en pirogue, en calèche ou à pied sur l’île de St Louis, visite du musée Mermoz (créé il y a 13 ans avec l’association Mémoire d’Aéropostale), shopping de boubous, sculptures de bois et artisanat local, marché aux poissons, plage...

En soirée, Jean-Claude Nivet a présenté le très beau livre « Escales » auquel il a participé à la rédaction, doté d’une iconographie remarquable. Le groupe s’est ensuite dirigé vers l’Hôtel de la Poste pour l’inauguration des chambres 218 et 105 dédiées respectivement à Rozès et Negrin. Ces deux belles rénovations viennent compléter les chambres dédiées aux pilotes Lassalle et bien sûr Mermoz, en présence du patron de l’établissement, Yannick Philip, et des descendants Françoise Sarradet et Pierre-Michel Pranville, participant au 36e Rallye Toulouse Saint-Louis. Dorénavant, les clients de l’hôtel pourront découvrir des images d’archives parfois inconnues des pilotes. D’autres chambres viendront compléter cette belle initiative. La soirée inoubliable de clôture de la compétition s’est tenue en musique sur le bateau de croisière Bou el Mogdad, au bord du fleuve Sénégal.Aujourd’hui une météo exceptionnelle, heureusement bien différente des prévisions, a permis de relier sur plus de 1000 km le Sénégal à Dakhla, ancienne escale de Villa Cisneros au Maroc. Les avions ont ainsi traversé en une journée la Mauritanie avec une vue exceptionnelle sur la ville de Nouakchott et le banc d'Arguin et la fameuse ligne unique de chemin de fer du pays, longue de 700 km. L’excellent accueil réservé à l’escale technique de Nouadhibou permet d’envisager pour 2019 une nuit en Mauritanie.

Bonne nouvelle, le Rallye est de nouveau au complet avec ses 27 appareils, Ismaël a encore fait des miracles!

Demain, le Rallye Toulouse Saint-Louis s’envolera vers Tan Tan pour une nuit magique dans le fort Saharien de Tafnidilt.
     
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Vendredi 21 septembre 2018
Etape du jour : DAKHLA - NOUADHIBOU - SAINT-LOUIS
 
 
 
Thierry SENTOUS
 
C’est par un temps magnifique que les avions du Rallye Aérien Toulouse St Louis se sont envolés vers la Mauritanie et le Sénégal;

Dès le décollage les appareils traversent la baie du Rio de Oro dans court survol maritime puis longent les magnifiques plages blanches en route vers Nouadhibou. L’immense baie de Cintra à la rontodité parfaite brille sous le soleil et nombreux son ceux qui en profitent pour réaliser des vidéos et des films exceptionnels. Les équipages se filment en petites patrouilles pour des souvenirs inoubliables.

Deux pannes affectent toutefois deux équipages. Le Saratoga de l’equipage « Les Ailes du Désert » a une panne de magneto mais décide de poursuivre grâce à son autonomie jusqu’au but de l’étape....St Louis du Sénégal.

Le F BRPS "boutique.aero" est lui victime d’un incident moteur à 40NM de Nouadhibou. Le moteur perd soudainement de la puissance et ne tourne plus rond. Survolant des zones inhospitalières, les pilotes décident de rejoindre au plus vite la route goudronnée et poursuivent jusqu’à l’ancienne Escale de port Étienne où il se poseront sans encombres. L’intervention du mécanicien du Rallye mettra en évidence, après deux heures de recherche, une rupture de l’axe de culbuteur d’un des 6 cylindres.

La réparation engagée ne sera pas terminée assez tôt pour regagner St Louis avant la nuit et les 4 participants passeront la nuit à Nouadhibou.
   
 
  L'ancienne maison des pilotes de l'Aéropostale
à Port Etienne (actuellement Nouadhibou)
   
 
  Survol de la Baie de Cintra
   
 
 
 
  Résumé de la journée du 20 septembre 2018 - Réalisation Les Ailes du Désert ©tefamproduction
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Jeudi 20 septembre 2018
Etape du jour : TARFAYA / CAP JUBY - LAAYOUNE - DAKHLA
 
Images du jour
 
 
Thierry SENTOUS
 
Les stratus tarde à ce dissiper ce matin sur la piste en terre de Cap Juby. Après une nuit fraîche et humide au bivouac endormis, à côté des avions sagement ordonnés sous les dunes,les pilotes chargent leur sacs dans les machines. Surtout ne pas laisser le sable s’immiscer dans les cockpits. A l’extérieur toutes les entrées de l’appareil ont été obturées pour protéger les moteurs du vent poussiéreux.

C’est l’heure.... le sifflet du directeur des vols ordonne de dégager la piste. Les alizés sont revenus....15 noeuds de vent de face facilitent notre décollage. Le Piper Aztec fait vrombir ses deux moteurs de 250cv, un panache de sable poursuit le bimoteurs pendant toute son accélération puis la machine s’élève et dans un élégant virage à gauche survole le vieux fort Espagnol où il y a presque un siècle s’abritai Les pilotes de Latecoere.

Direction Laayoune... survol des dunes pendant 40’ et s’est le retour à la civilisation . Les plein faits nous redécollons pour l’ancienne escale de Villa Cisneros. Aujourd’hui rebaptisée Dakhla est atteinte après 320NM et par la route côtière dans des paysages à couper le souffle. Ici le plateau géologique de l’Afrique s’achève brutalement dans l’Atlantique en un chaos rocheux colossal.

Encore émerveillés par cette étape , Ce soir les 80 participant dîneront sur les rives du Rio de Oro de quelques produits de la mer pêché dans les eaux poissonneuses de la côte Saharienne.
   
   
   
   
 
   
  ALBERT PINOT
Oui, mais il avait de la chance...
   
 
Photo @remb.free.fr
 
Albert Pinot, pilote de l’Aéropostale, démarre sur la ligne en août 1929. Voici une histoire de courrier avec son compagnon Léon Antoine, à vous donner quelques frissons,
rétrospectivement !
Antoine se pose de nuit au Maroc, en urgence… à proximité d’une propriété.
Avec son Laté 26 en carafe, il téléphone le plus rapidement à son chef d’aéroplace de Casablanca, comme le veut la consigne.
Il demande donc à Pierre Julien, de lui envoyer un dépanneur. Il raconte :
J’avais Julien, complètement angoissé, au bout du fil. Il me demande :
- Vous êtes vivant ? Que vais-je faire pour vous dépanner ?
- Après avoir réfléchi quelques instants, je lui demande : Qui continue le courrier ?
- C’est Pinot.
- Très bien, je n’ai pas étudié le terrain, mais si de nuit, je me suis posé du premier coup, je ne vois pas de raison valable pour qu’il ne puisse pas s’en sortir de jour. Mettre 4h30 d’essence.
 

Qu’il vienne au petit matin et il pourra continuer sur Agadir. Jusque là, l’idée était bonne et paraissait réalisable. Mais, tu vas voir la suite. Au petit matin l’avion apparaît et se présente dans le même sens que moi la nuit précédente. Pour moi, il était un peu haut et voilà mon Pinot qui remet la gomme. Deuxième présentation comme la première et naturellement remise de gomme. Quel crétin pensais-je, il n’a jamais appris à se poser court. Je ne sais pas si c’est à la troisième ou à la quatrième tentative qu’il atterrit presque en catastrophe et continue de rouler pour s’arrêter entre la maison et un tas de fumier. Je m’apprêtais à l’engueuler mais c’est lui qui l’a fait et comme il avait raison :

« Tu n’aurais quand même pas voulu que je passe en dessous de la ligne de force »…

J’ai préféré ne pas répondre, le crétin, c’était moi.
Ce que j ‘avais fait de nuit, j’aurais peut-être hésité à le faire de jour !

Voilà une belle leçon d’humilité sur la Ligne. Léon Antoine deviendra un des grands pilotes de « l’ Air France », millionnaire en kilomètres. Quant à Albert Pinot, il décèdera tragiquement le 12 octobre 1932 à Port Etienne, victime de son devoir, comme le veut l’expression consacrée.

Oui, Pinot n’avait pas de chance …

   
 
   
 
 
  Résumé de la journée du 20 septembre 2018 - Réalisation Les Ailes du Désert ©tefamproduction
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RALLYE TOULOUSE SAINT-LOUIS ©1983-2018
 
   
 
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